NTM

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# Posté le vendredi 18 janvier 2008 05:32

le métèque

http://fr.youtube.com/watch?v=4C5ogVJaZq4

Paroles de Métèque
Avec ma gueule de métèque
Ma ganache de nègre errant
Toujours aussi réfractaire à vouloir rentrer dans le rang
Avec vous je serai franc, franc au possible
Dans l'rang impossible votre morale au crible
Qu'on me déleste de mon ego
Ça me rend psycho, j'sors les crocs

Ça me rend psycho dans mon flow et là il y a plus d'idéaux
Et donc je deviens accro à la suffisance, la violence
Et là vous brave gens, ah c'en est trop
Avec ma gueule de métèque mon ½il de prédateur
En phase avec son temps, j'ai poussé sans tuteur
Poussé comme une mauvaise herbe
Comme un môme croate ou serbe
Qu'on me dit que mon attitude fout la gerbe
C'est la merde, c'est la merde

Avec ma gueule de métèque rafistolée qui s'est bastonné
A qui on a tout pris tout volé si peu donné
J'ai pris des branlées par un père déserteur
Au point d'espérer qu'en enfer il y ait du bonheur
La perception atrophiée
Et c'est pas votre moralité qui m'a habillé
Parce qu'anormal est l'isolement dans lequel j'ai pu nager
Dans lequel on m'a plongé
Auquel personne n'a jamais voulu rien changer
Avec ma gueule de métèque abreuvé par la passion
Mon sacerdoce est ma mission et si récompense il y a
Mon c½ur me guide au trépas
Rien est acquis j'ai toujours appris
Ca m'inquiète pas

Avec mon air aigri amer, galbé comme un fil de fer
Affûté pour la guerre j'roule pour la maison mère
Avec ma gueule j'fais belek
J'ai pas une ganache de dieu grec
Il est possible qu'on m'arrête ou par erreur qu'on m'affrète
Avec ma bouche qui a trop bu mon air obtus qui pue la rue
Cette façon d'être à raffut et en même temps d'être à la rue
Avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver
Avec mes rêves de délinquant
Mes coups d'sang incessants
Avec ma gueule de métèque
Héritière dune souffrance lointaine
J'veux pas finir en victime ni même finir à Fresnes
Avec son visage ses yeux verts
Tout me rapproche de ma mère
Tout m'éloigne de mon père grâce à qui j'ai ce goût amer

# Posté le vendredi 18 janvier 2008 05:25

Modifié le vendredi 01 février 2008 21:36

NTM

NTM
Ce groupe de rap français est au départ constitué de Bruno Lopes, alias Kool Shen, de Didier Morville, alias JoeyStarr et de DJ'S. Les deux premiers sont nés en 1968, le dernier est leur aîné de deux ans. Ils grandissent à Saint-Denis, dans les grands ensembles de cette banlieue défavorisée. Kool Shen et JoeyStarr vont à l'école ensembleéritablement adapter le rap dans une autre langue que l'anglais. Les Passionnés par la culture hip hop directement importée des Etats-Unis, Kool Shen et JoeyStarr font la découverte du smurf, danse de rue que pratiquent certains américains dès 83, sur l'esplanade du Trocadéro à Paris, sur une musique proche de Sugarhill Gang, pionnier du rap d'outre-Atlantique. Impressionnés par cette forme de danse, ils commencent eux-mêmes à smurfer, une nouvelle façon de tuer l'ennui de la banlieue. En 1984, une émission française de télévision lance le phénomène : "Hip Hop" animée par Sidney sert de véritable tremplin.

Les deux amis montent un groupe, Actuel Force et remporte un grand nombre de concours de breakdance en France. Ils tournent ensuite en Europe. Ils se mettent aussi aux graffitis, autre forme d'expression de la rue. Le rap d'expression française fait alors son apparition. Ses adeptes sont assez septiques car ils ont du mal à imaginer que l'on puisse v[/cpremiers textes de Kool Shen et de JoeyStarr sont écrits en 1989, lancés comme des défis.

Ils sont alors invités à venir rapper en direct sur une radio FM parisienne. Ils sont accompagnés d'un DJ, DJ'S. Ils participent quelques mois plus tard à la Coupe de Paris des DJ's puis font la première partie d'un groupe français, la Souris Déglinguée à l'Olympia.

Des textes violents et noirs

Représentant la tendance dure (hardcore) du rap français, NTM ("Nique Ta Mère", invective en cours dans les banlieues et que la maison de disques voudra quelque peu aseptiser en ajoutant "Suprême" devant l'abrégé) insuffle un esprit de révolte face aux injustices sociales et politiques. Leurs textes violents et noirs sont à l'image du désespoir et de l'avenir compromis des jeunes des cités. Le rap pour NTM est un moyen de s'exprimer "haut et clair" comme ils le disent eux-mêmes. En fait, ils ne font que parler de la réalité, telle qu'ils la connaissent, avec leur propre langage.

En 1990, ils enregistrent leur premier titre "Je rappe" pour la compilation "Rapatittude" chez Label Noir. Ils partent ensuite en tournée en province avec tous les autres artistes ayant participé à la compilation. A ce moment-là, ils signent avec une multinationale du disque, Sony, et sa filiale, Epic. Un premier maxi de quatre titres "Le Monde de demain" sort en 1990, coïncidant avec les affrontements entre jeunes et policiers dans la banlieue lyonnaise à Vaux-en-Velin et aussi avec les manifestations estudiantines à Paris. Plus de 50.000 exemplaires du maxi sont vendus.

Authentik

En mars 1991, débute la tournée qui préfigure la sortie en juin du premier album de NTM "Authentik". En juillet, ils se produisent à New York, au Palladium en compagnie de Son of Barzek, à l'occasion du "New Music Seminar". Deux simples sortent cette année-là, "Authentik" et "Soul Soul" tous deux remixés par Kirk Yano. Le 24 janvier 1992, ils clôturent leur tournée par un passage au Zénith à Paris devant une foule déchaînée. L'album s'est vendu à 70.000 exemplaires et un maxi inédit "Boogie man", avec deux inédits live enregistrés au Zénith sort à ce moment-là.

Boycottés

L'année suivante voit la publication du nouvel opus des rappeurs de Saint-Denis. "1993... j'appuie sur la gachette". Un titre choc attire particulièrement l'attention : "Police". NTM accuse ici les forces de l'ordre d'abuser de leurs pouvoirs, dans des termes violents. Une enquête judiciaire est ouverte à leur encontre, qui n'aura pas de suite. Pourtant, les radios en profitent pour les boycotter et ne plus passer leurs titres sur les ondes. En mars, sort pourtant le simple "J'appuie sur la gachette", l'histoire d'un suicide.

En mars 94, les NTM se produisent pour quatre soirs dont un au Palais des Sports à Paris. En effet, les organisateurs de concerts ne sont pas rassurés quand il s'agit de rap, et ne veulent pas prendre de risque.

En juin, ils entrent en studio à New York puis à Paris pour la préparation de leur nouvel album. Le 10 février 1995 sort le premier simple "Tout n'est pas si facile" extrait de "Paris sous les bombes" qui lui, sort en mars. DJ'S a quitté le groupe et se trouve remplacé par DJ Clyde. Les revendications égalitaires sont toujours aussi présentes et ces faiseurs de rimes urbaines sont toujours aussi subversifs. La production est mieux assurée et le niveau musical, plus élevé. "Tout n'est pas si facile", un titre nostalgique qui raconte les premières années du mouvement hip hop devient le premier tube, suivi par "La Fièvre" qui est programmé sur toutes les radios. Belle revanche pour ceux qui, il n'y a pas si longtemps, étaient boycottés par les médias. Ils vendront en fait, plus de 250.000 exemplaires de l'album. Ils enchaînent ensuite sur une tournée française qui les mènent du Festival du Printemps de Bourges en avril, aux Francofolies de la Rochelle en juillet. Le 9 juin, ils enflamment le Zénith à Paris.

Démélés avec la justice

La chanson "Police" leur vaut une nouvelle fois de gros ennuis : le 14 juillet 1995, les NTM participent au "Rendez-vous de la Liberté" organisé dans le sud de la France à la Seyne-sur-mer par SOS Racisme. Dans la salle, plusieurs policiers s'indignent des propos violents et diffamatoires à leur encontre, précédents la chanson. Le groupe est inculpé pour "outrage à personnes détentrices de l'autorité publique" en mai 96 et condamné en novembre à six mois de prison dont trois mois fermes et une interdiction d'exercer leur métier en France pendant six mois. Après appel, la peine est réduite à deux mois de prison avec sursis et une forte amende. Entre temps, le débat est devenu national : doit-on condamner un groupe qui malgré des propos outranciers, exprime la réalité telle qu'il la voit et rend compte de la violence et du malaise des banlieues.

Après la réalisation d'un remix du morceau "Affirmative Action" avec le rappeur new-yorkais Nas, NTM envisage la production d'un quatrième album. C'est pendant l'été 1997 que NTM commence le travail de studio à Puteaux en banlieue parisienne. De nombreux amis passent et donnent directement leur avis, permettant ainsi à Kool Shen et JoeyStarr d'avoir un certain retour avant même la sortie effective de l'album, qui a finalement lieu le 21 avril 98. Intitulé sobrement "NTM", il semble refléter une certaine maturation dans le travail des deux rappers. Le simple "Laisse pas traîner ton fils" ou le titre "Pose ton gun" donnent une certaine idée de la nouvelle orientation du groupe qui fait figure maintenant de vétéran du hip hop français.

Live

Une tournée démarre à l'automne avec deux passages au Zénith de Paris en novembre.

Défrayant la chronique judiciaire, JoeyStarr se voit condamné le 24 février 1999, par le tribunal de Montpellier à deux mois de prison ferme et une amende de 30.000 francs pour l'agression d'une hôtesse de l'air dans le hall d'un hôtel (fait qui remonte à novembre 1998), contribuant ainsi à renforcer cette réputation de "mauvais garçon" qui le poursuit depuis les débuts du groupe. Quatre mois plus tard, c'est à six mois ferme que le condamne le tribunal de Bobigny en banlieue parisienne, pour violence sur son ex-compagne (laquelle l'agressera violemment aussi quelques mois plus tard).

En avril 2000, un documentaire intitulé "Authentiques" réalisé par Saer et Alain Chabat sort quelques temps avant un double live, prévu de longue date. C'est l'heure des bilans. Après dix ans d'activité, les rumeurs de séparation commencent à circuler. Joey Starr est encore aux prises avec la justice tandis que Kool Shen travaille sur un album solo et manage avec sérieux son label IV My People.

Mais JoeyStarr n'est pas en reste. Lui aussi a monté son label, B.O.S.S. Le 7 novembre 2000, les deux compères que l'on ne voyait plus ensemble depuis un moment (les rumeurs de split de NTM allant bon train) sortent un maxi, premier d'une série de quatre intitulée "NTM le clash". Les DJs et compositeurs des deux écuries, IV My People et B.O.S.S. s'affrontent musicalement sur des remixes du groupe. La compilation générique qui rassemble l'ensemble des morceaux et qui sort en février 2001, atteint les 200.000 copies vendues en six mois. En juillet, l'album est mis sur le marché européen.

Solo

C'est JoeyStarr qui apparaît le premier en solo en 2002, mais seulement via un single extrait de la bande originale du film "Astérix et Obélix : mission Cléopatre" d'Alain Chabat, carton de la fin de l'hiver 2002. La chanson, "Gaz-l", est de plus bien loin de l'énergie du répertoire de NTM. Dans les médias, il apparaît plus serein et participe à diverses émissions de télévision "grand public", ce qu'il n'aurait jamais fait quelques années plus tôt. Cependant une scène issue d'un documentaire sur les gens qui vivent la nuit brise cette nouvelle image : on y voit JoeyStarr chez lui avec ses amis brutaliser un singe dont les cris le dérangent. D'une certaine façon, ce fait divers participe à la légende mais continue de faire de lui un "artiste maudit".

L'autre actualité de Joey Starr se partage entre une émission de radio qu'il présente en direct une fois par semaine depuis sa maison de Saint-Ouen près de Paris. Entouré d'une communauté de rappeurs, il tient l'antenne plusieurs heures, la nuit, pour une station spécialisée en rap. En outre, il est aussi chef d'entreprise via une marque, Com-8, distribuée dans sa propre boutique de vêtements streetwear dans le quartier des Halles à Paris.

*

NTM est sans conteste le meilleur représentant de la tendance hardcore du rap français, devenant ainsi les chefs de file d'une forme d'expression en pleine maturation, qui ont su prendre leurs marques par rapport au modèle américain.

Mars 2002

# Posté le vendredi 18 janvier 2008 05:16

Modifié le mardi 29 janvier 2008 06:02